N°1 - Témoignage d'un parent d'HPI (surdoué)



Témoignage de Nine 39 ans, maman de Raphaël qui a 5 ans et demi.
 
Comment avez-vous découvert la précocité de Raphaël ?
Nous avons mis assez longtemps à découvrir cette précocité, à en accepter l’éventualité.
C’est notre premier enfant, il a parlé tôt très bien, a fait preuve très tôt de beaucoup de sensibilité, mais rien d’hors-norme à nos yeux.
Quand il était en crèche, la psychologue de l’établissement a demandé à nous rencontrer (vers ses 2 ans et demi) parce qu’elle le trouvait très anxieux, se demandait s’il n’avait pas des « troubles de construction de la personnalité ». Il n’entrait pas dans le moule, ça c’est certain. Un an plus tard, quand il a démarré l’école, il a commencé à être de plus en plus anxieux, et agressif quand il sortait de l’école.
Vers ses 4 ans, nous avons consulté une psy spécialisée pour les enfants. Elle a démarré un travail avec notre fils qui semblait aller beaucoup mieux. Mais peu à peu, l’anxiété a recommencé, et surtout il a commencé à montrer très clairement qu’il se sentait mal à l’école : ennui en classe, malaise avec les enfants de son âge, agressivité avec nous : il était sous pression après une journée d'école, une vraie cocotte minute, piquant des crises de rage pour des riens.

Comment avez-vous réagi ?
Pas mal de personnes dans notre entourage évoquaient son éventuelle précocité. Nous n’avions pas envie de ça, pas envie de lui coller une étiquette... Et puis, il a fallu regarder la réalité en face. Nous avons contacté une association (ANPEIP) pour exposer le cas de notre fils, on nous a conseillé de le faire tester au plus vite. Il a passé les tests à l’âge de 5 ans.

Quels sont les accompagnements que vous avez mis en place pour lui ?
Nous avons poursuivi un suivi psychologique pour l’aider à ne pas être paralysé par ses angoisses. Nous avons essayé de discuter avec l’enseignante de maternelle qui semblait réceptive et avait de toute façon repéré le « zèbre ».
Sauf que les moyens de l’Education nationale (31 élèves en double niveau MS/GS) ne semblent pas rendre possible un suivi adapté pour un enfant « hors-norme ».
L’année prochaine, à notre immense regret, nous tentons le privé.

Votre enfant effectue-t-il d’autres activités ?
Notre fils manifestant depuis longtemps l’envie d’apprendre la guitare électrique, nous avons accédé à cette demande (en cessant donc de penser qu’il était « trop jeune » pour le faire...).
Nous l’avons incité à faire davantage d’activités concrètes (gym, vélo, piscine...) pour l’aider à ne pas se perdre dans ses raisonnements et se connecter davantage à son corps, ses sensations physiques.
Dans les périodes où nous sommes en forme, nous nous efforçons de faire des activités qui le nourrissent un peu. J'adore aller au cinéma et j'aimerais beaucoup y aller plus souvent avec mon fiston, mais je sais bien qu'il apprécie davantage une sortie au Planétarium ou dans n'importe quel musée... Alors je le fais de temps en temps... Mais pas aussi souvent qu'il le voudrait. Il a la chance d'avoir des grands parents très disponibles et érudits, qui répondent bien à ses besoins....

Faites-vous partie des parents heureux d'avoir un enfant précoce ou plutôt embarrassés ?
Voilà une question bien difficile ! J’avoue avoir été soulagée par le diagnostic, car depuis plus de deux ans, nous cherchions à comprendre les causes de ce mal-être. Nous avons enfin une réponse !
Par contre, nous aurions tous les deux, le papa et moi, rêvé d’avoir des enfants un peu plus dans la norme, qui s’épanouissent facilement. Or nous savons tous que la société n’est pas tendre avec la différence... Nous constatons tous les jours les difficultés de notre enfant en milieu scolaire notamment.
Mais je crois que nous avons appris à être fiers de notre fils, parce que c’est la meilleure façon de l’aider.

Si vous deviez définir votre fils, que diriez-vous de lui ?
Que c’est un petit garçon qui connaît d’immenses peines et aussi d’immenses joies. Qu’il devrait avoir une vie intense, mais qu’il va aussi pas mal souffrir de son hypersensibilité.

A-t-il des frères ou des sœurs, sont-ils précoces ?
Il a une sœur âgée de deux ans. La nounou dit qu’elle n’a jamais vu une enfant pareille en 15 ans de métier, et effectivement, elle nous semble un peu hors-norme. Je pense qu’elle sera testée vers l’âge de 4 ou 5 ans...
[source: http://sante-az.aufeminin.com]

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